Le Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) est-il en expansion en Algérie?

Le Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) est en expansion dans quelques régions algériennes. Selon le témoignage de Mohamed Bestami, un activiste dans le domaine de la protection de l’environnent, l’espèce est en expansion dans la wilaya de M’Sila au nord de l’Algerie. Cependant, nous ne savons pas si cette observation reflète une augmentation nette de la population ou d’une tendance à observer plus de vautours dans les dépotoirs de la région. D’autres observateurs ont indiqué également que l’espèce est encore présente en grand nombre dans d’autres régions (Parn National du Djurdjura, Parc National de Belezma, Oum El-Bouaghi …), toutefois sans indiquer ni augmentation ni diminution.

En tout cas, l’Algérie accueille probablement la plus grande population du Vautour percnoptère dans le Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie et Lybie), et l’espèce est encore bien représentée dans plusieurs régions algériennes (voir photos ci-dessous).

Il faut rappeler que le Vautour percnoptère est classé dans la catégorie “En danger d’extinction” (Endangered) dans la liste rouge de l’IUCN.

Un grand merci à tous les photographes ainsi que à la page Facebook ‘To Save Wildlife in Algeria’.

The Egyptian Vulture (Neophron pernkopterus) is  it expanding in some Algerian regions? According to the statement of Mohamed Bestami, an activist in the field of environmental protection, the species is expanding in the province of M’Sila in northern Algeria. However, we do not know whether this observation reflects a net increase in the population or a tendency to observe more vultures in the rubbish dumps in the area. Other observers have indicated also that the species still present in good numbers in other regions (Djurdjura National Park, Belezma National park, Oum el-Bouaghi…), however, without indicating neither an increase or a decrease.

Anyway, Algeria has probably the largest population of the Egyptian vulture in the Maghreb (Morocco, Algeria, Tunisia and Libya), and the species is still well represented in several Algerian regions (see photos below).

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus), adulte et immature, Bou Saada, M'Sila

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus), adulte et immature, Bou Saada, M’Sila (photo: Mohamed Bestami).

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus), 2 juvéniles et un adulte, Bou Saada, M'Sila

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus), 2 juvéniles et un adulte, Bou Saada, M’Sila (photo: Mohamed Bestami).

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) juvénile, Bou Saada, M'Sila

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) juvénile, Bou Saada, M’Sila (photo: Mohamed Bestami).

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) immature, Merahna, Souk Ahras

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) immature, Merahna, Souk Ahras, 11 juillet 2014. (photo: Salah Telailia / El-Tarf University).

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) adulte, Merahna, Souk Ahras. (photo: Salah Telailia / El-Tarf University)

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) adulte, Merahna, Souk Ahras. (photo: Salah Telailia / El-Tarf University).

5 Vautours percnoptères (Neophron percnopterus) dans une décharge, Souk Ahras.

5 Vautours percnoptères (Neophron percnopterus) dans une décharge, Souk Ahras. (photo: Salah Telailia / El-Tarf University).

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) adulte, Béchar.

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) adulte, Béchar. (photo: Redouane Tahri).

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) adulte, Djurdjura.

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) adulte, Djurdjura. (photo: Sofiane Djebbara).

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) adulte, Oum el-Bouaghi.

Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) adulte, Oum el-Bouaghi. (photo: Menouar Saheb/ Oum el-Bouaghi University).

Les outardes Houbara et Macqueen’s: Études génétique, morphométrique et phylogéographique

Korrida, A. 2012. Les outardes Houbara “Chlamydotis undulata” et Macqueen’s “Chlamydotis macqueenii“: Études génétique, morphométrique et phylogéographique. Thèse de Doctorat National, Université Ibnou Zohr, Agadir.

PDF (5.73 Mb) in Toubkal : Le Catalogue National des Thèses et Mémoires

Résumé :

Chez les outardes Houbara et Macqueen’s de l’écozone du Paléarctique, nous avons testé et quantifié la diversité biologique sur plusieurs niveaux hiérarchiques (espèces, sous-espèces, gènes et métapopulations) en vue de leur conservation ex-situ.

Les études génétiques sur les populations sauvages utilisant des loci nucléaires (microsatellites) et un marqueur mitochondrial (un fragment de 1042 pb du gène cytochrome b) ont permis d’évaluer et de tester la diversité génétique, le flux migratoire, les scénarios de colonisation, les relations phylogénétiques, les unités biologiques de conservation et les patrons historiques et démographiques élucidant les distributions biogéographiques contemporaines des trois constituants du genre Chlamydotis. Contrairement aux espèces des zones tempérées et boréales, les périodes glaciaires de l’époque du Pléistocène semblent être à l’origine des expansions démographiques chez les espèces désertiques d’outardes Houbara et Macqueen’s. Les tests globaux de différenciation génétique des deux marqueurs moléculaires se sont montrés contradictoires pourtant complémentaires. La discussion des différents facteurs génétiques responsables a pu confirmer ou infirmer le contraste moléculaire observé.

Nous avons mené trois autres études sur des cheptels d’outardes marocaines élevés en captivité. La modélisation mathématique des caractéristiques de croissance chez l’outarde marocaine a facilité la détermination, sous certaines conditions de captivité, du taux de croissance en plus de quatre types de croissances asymptotiques et allométriques. Les résultats ont révélé que le bec et la tarso-métatarse atteignent rapidement l’asymptote, ce qui explique leur utilisation précoce dans le déplacement et le forage, alors que la plus grande croissance allométrique des ailes permettra aux oiseaux de fuir les prédations éventuelles.

L’étude du registre d’élevage d’un troupeau multi-générationnel a montré une généalogie récente et peu profonde, mais a rendu possible la caractérisation de plusieurs paramètres généalogiques. L’intervalle de génération chez l’outarde marocaine a été estimé à 4.6 ans, le coefficient de consanguinité moyen à 1.6% et l’accroissement en paire du coefficient de parenté à 1.3%. L’absence de goulots d’étranglement a été justifiée par des valeurs égales de fondateurs efficaces (fe) et d’ancêtres efficaces (fa). Cette étude à montré d’un côté, la bonne stratégie d’élevage suivie de 1993 à 2002 visant à augmenter le flux migratoire au sein du troupeau et à freiner l’apparition de la dépression de consanguinité et de l’autre côté, une absence de planification des accouplements à partir de 2004 qui a été mise en évidence par des taux élevés de consanguinité et de parenté.

Finalement, le contrôle de la diversité génétique via des approches métapopulationnelles, nous a permis de comparer et de discuter les différentes stratégies et politiques d’élevage conservatoire ex-situ de l’espèce marocaine (Chlamydotis undulata undulata).

Les résultats et les informations génétiques inférés de ces différents projets d’études populationnelles devraient permettre une meilleure valorisation et un maintien raisonnable et durable de la diversité génétique et biologique de ces ressources naturelles menacées d’extinction.

Chlamydotis macqueenii

MacQueen’s Bustard (Chlamydotis macqueenii), UAE (photo: Shankar S., licence: CC-by)

Abstract:

For ex-situ conservation ends, biological diversity of the Houbara and Macqueen’s Bustards occurring at the Palearctic ecozone, was assessed at several hierarchical levels including species, subspecies, genes, and metapopulations.

Genetic studies on wild populations have implemented both nuclear loci (microsatellites) and a 10423bp fragment of the mitochondrial cytochrome b gene, and enabled the assessment of genetic diversity, gene flow, colonization scenarios, phylogenetic relationships, biological units, as well as demographic and historical factors that might explain the current biogeographic distribution of the species that constitute the Chlamydotis genus. In contrast to temperate species, glacial periods of the Pleistocene epoch might be responsible for the demographic expansions of the desert-adapted Houbara and Macqueen’s bustards. Global tests of genetic structuring using the two molecular markers were found to be contradictory, however complementary. Discussion of the different responsible factors had confirmed or invalidated the observed molecular contrast.

Three further studies were conducted on Moroccan captive-bred stocks. Modeling the growth characteristics of the birds under particular captivity conditions has made possible the determination of growth rates in addition to four types of asymptotic and allometric growths. The results showed that the early development of the beak and the shank are relatively important to locomotion and foraging, while the highest allometric growth of the wing span indicates its importance for quick flight from potential predators.

The study of a multigenerational studbook has revealed a recent and shallow genealogy although, several genealogical parameters were characterized. For the Moroccan Houbara breed, the average generation interval was computed to 4.64 years, the average inbreeding coefficient to 1.6%, and the paired increase in coancestry to 1.3%. The similar effective numbers of ancestors (fa) and founders (fe) indicated the absence of bottleneck events within the flock. On one hand, this study highlighted a good breeding strategy that was applied from 1993 to 2002 and aimed to increase migration and to avoid the inbreeding depression within the breed, on the other hand increased coancestry and inbreeding values were detected during the 2004 breeding season, which could reflect the low expertise in the breeding operation.

Finally, genetic diversity evaluation using metapopulational approaches has permitted the comparison and discussion of different strategies and policies with regard to ex-situ conservation of Moroccan Chlamydotis undulata undulata.

Genetic information and results inferred from the different population studies should contribute to the future control, valorization, and management of genetic and biological diversity of this natural resource.